Réforme du système éducatif en Tunisie : de quelle souris la montagne peut-elle accoucher ?

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PROVISOIRE – PROVISOIRE – PROVISOIRE – Une question essentielle se pose aujourd’hui dans une économie de plus en plus tributaire du savoir et de l’innovation : comment les connaissances sont-elles créées, diffusées, préservées et utilisées dans l’optique d’un revenu économique? Les connaissances incorporées dans les actifs immatériels (notamment le capital humain, la R-D, les brevets, les logiciels et les structures organisationnelles) sont de plus en plus cruciales pour la performance économique et pour la croissance des entreprises et des pays.

Dans ce nouvel environnement caractérisé par des marchés de plus en plus mondialisés, en particulier pour les biens intellectuels, il faut que les entreprises puissent rentabiliser à la fois la mise au point et l’utilisation des actifs immatériels. Les pouvoirs publics se doivent de faire en sorte que les actifs immatériels aient des effets bénéfiques qui se répartissent dans l’ensemble de l’économie, de façon à favoriser la diffusion de pratiques optimales; il leur faut aussi assurer un juste équilibre entre le contrôle juridique du savoir et sa diffusion.

La création de valeur subit l’influence d’une économie qui repose de plus en plus sur le savoir. Le processus s’est accéléré avec le développement du secteur des services, l’intensification de la concurrence du fait de la mondialisation et de la déréglementation, et l’émergence des nouvelles technologies de l’information. L’innovation – la mise au point et la diffusion de nouveaux produits, procédés et modèles économiques – est l’un des piliers d’une transformation qui a modifié l’importance relative des différents facteurs dans la performance des entreprises et la  croissance économique.

L’avènement de l’économie du savoir se traduit par un changement structurel : on est passé de la production manufacturière traditionnelle, reposant sur la notion d’échelle et utilisant essentiellement des biens matériels, à de nouvelles activités axées sur l’innovation et faisant largement appel au capital humain et au savoir. Dans le même temps, les pays émergents jouant un rôle de plus en plus grand dans les activités manufacturières, les économies ont dû de plus en plus s’appuyer sur leur avantage comparatif, qui se situe principalement dans la production et l’utilisation de capital humain et de savoir.

La conjonction de trois phénomènes – une conception de l’entreprise mettant de plus en plus l’accent sur les centres de profit, le passage de la production de masse à des produits très différenciés incorporant davantage de connaissances, et une innovation qui a changé de nature – a transformé le processus de création de valeur, de sorte qu’il faut actualiser les méthodes de mesure et les modèles conceptuels de l’investissement. Cela vaut aussi bien au niveau macroéconomique qu’au niveau de l’entreprise.

L’investissement en capital humain, tel qu’il se traduit par le niveau d’études des travailleurs, leur qualification professionnelle et leur savoir-faire, a également un impact positif sur la performance des entreprises et de l’économie. Au niveau macroéconomique, la contribution du capital humain à la croissance évolue dans le temps en fonction du degré auquel les travailleurs à produit marginal élevé remplacent ceux à faible produit marginal. La composition de la population active varie en fonction de l’évolution de la pyramide des âges, du cycle conjoncturel ou des mesures mises en œuvre par les pouvoirs publics qui influent sur la répartition des heures travaillées par les différentes catégories de travailleurs et la rémunération qu’elles perçoivent. Si l’on prend en compte les caractéristiques des travailleurs – comme le niveau d’instruction, les qualifications et l’expérience, la répartition par âge et par sexe – on constate que l’évolution du stock de capital humain (composition de la main-d’œuvre) joue un grand rôle dans la croissance de la productivité (PIB par personne exerçant un  emploi).

L’adoption d’un système de travail hautement performant, s’appuyant sur une gestion plus élaborée des ressources humaines et en phase avec les objectifs de l’entreprise, est créatrice de valeur. En outre, les entreprises qui investissent dans ces systèmes forment davantage leurs salariés et les incitent davantage à améliorer leurs performances, et elles se caractérisent par une plus faible rotation du personnel, une plus forte croissance de l’emploi, une plus grande satisfaction au travail et une meilleure rentabilité. Aux Etats-Unis, la gestion des ressources humaines est essentielle pour la productivité lorsqu’elle fait participer plus largement les salariés à la prise de décision et met en place des mécanismes d’intéressement et de nouvelles modalités de relations du travail.

Par ailleurs, les pratiques de gestion contribuent largement à améliorer la rentabilité de l’investissement dans le savoir. Les entreprises en pointe ont accru l’efficience de leurs opérations de R-D en faisant mieux concorder leurs activités internes de R-D et leurs objectifs stratégiques et en mobilisant des sources externes pour avoir accès à des connaissances complémentaires et étoffer leur portefeuille de technologies.

La probabilité de succès paraît en outre plus forte lorsque les responsables de l’entreprise, avant de lancer un projet de R-D, s’assurent qu’il existe véritablement une clientèle pour les nouveaux produits ou services et des possibilités de commercialisation rentable. Dans le domaine de la propriété intellectuelle, certaines entreprises ont considérablement augmenté leur rentabilité en instaurant et en appliquant rigoureusement un ensemble de procédures de gestion des actifs immatériels. Le but est de valoriser au maximum les inventions brevetées grâce à des licences et des cessions, de transférer les brevets de faible valeur à des organismes de capital-risque et de rattacher davantage les brevets à l’innovation par incorporation dans des produits et services améliorés. Ces techniques jouent en particulier un grand rôle dans les secteurs très concurrentiels où l’innovation induite et l’imitation banalisent rapidement les produits innovants.

Préserver les actifs immatériels

Préserver les actifs développés ou acquis par l’entreprise est un élément clé de la gestion du patrimoine immatériel. Un grand nombre d’actifs immatériels sont bien plus mobiles que le capital fixe : les salariés peuvent quitter l’entreprise et les connaissances se diffusent par divers canaux, notamment les publications, l’ingénierie inverse et les conversations. L’entreprise doit soigneusement gérer et préserver ses actifs immatériels, qui revêtent de plus en plus d’importance dans la création de valeur. Pour conserver leurs ressources humaines, les entreprises introduisent dans leurs contrats de travail des clauses de non-concurrence et de confidentialité, elles attribuent des stocks-options et elles consentent à leurs salariés des avantages très substantiels. Pour protéger les connaissances, elles s’appuient sur les droits de propriété intellectuelle – découlant par exemple d’un brevet, de droits d’auteur et d’une marque de commerce ou de fabrique – et également sur le secret.

 

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Disponible en: Arabe