Stratégies de création d’emplois : un dialogue et des monologues

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PROVISOIRE – PROVISOIRE – PROVISOIRE – PROVISOIRE –Le chômage des diplômés est vécu de manière dramatique par une partie significative de la population car, derrière les chiffres et statistiques, on parle de 250 mille jeunes qualifiés en attente d’un emploi décent qui soit en rapport avec les sacrifices consentis et les efforts et investissements de leur famille durant de longues années. Le secteur public est dans l’impossibilité d’absorber l’essentiel du flux de diplômés du supérieur, comme il l’a fait depuis l’indépendance jusqu’au milieu des années 90. D’un autre côté, le modèle de développement de la Tunisie ayant surtout privilégié les secteurs de production intensive en main-d’œuvre, a conforté la demande de main-d’œuvre non qualifiée. C’est ce qui induit un taux élevé de chômage chez les jeunes diplômés qui ont profité de la politique nationale d’accès massif à l’éducation et à l’enseignement universitaire.

Le tissu économique du pays est constitué à plus de 98% d’entreprises comportant moins de cinq salariés, il n’est pas, en l’état, capable d’offrir une offre des postes de travail qui répond à une portion significative de cette demande massive d’emploi qualifiés, quelle que soit la hauteur des incitations offertes aux entreprises.

Parmi les solutions qui s’imposent : promouvoir la culture de entrepreneuriat et de l’innovation. Le but du programme est de faciliter la création d’entreprises nouvelles par les jeunes en recherche d’emploi et d’introduire une plus grande flexibilité institutionnelle pour encourager, organiser et implémenter une culture entrepreneuriale de masse, comme principale stratégie susceptible d’aboutir à des résultats concrets, rapides et durables au bénéfice du plus grand nombre possible de diplômés. Puisque les entreprises ne viennent pas vers eux, c’est donc à eux d’aménager dans leur région et mettre en place les postes de travail et les entreprises dont ils ont besoin pour développer leurs compétences et sens de l’innovation.

Cette conception volontariste présente plusieurs intérêts ; elle :

◊ comporte un fort potentiel de création de nouveaux postes d’emploi décents et pérennes dans la plupart des secteurs d’activité, dans les sites où vivent les demandeurs d’emploi ;

◊ organise une forte implication des demandeurs d’emploi dans la réussite de leur entreprise, ce qui leur offre de réelles perspectives d’amélioration de leur statut et situation sur les plans professionnel, social et matériel.

◊ introduit une véritable dynamique de développement inclusif et de développement économique local orienté vers la satisfaction des besoins locaux.

◊ assure un encadrement adéquat des entreprises, facilitant l’évolution de la chaine de valeur et la diversification avec de nouvelles activités créatrices de valeur au sein de chaque entreprise, ce qui favorise des effets de levier et d’entraînement dans l’environnement des entreprises.

◊ installe des pratiques modernes et innovantes à travers un modèle économique performant et écologiquement compatible, par :

  • l’élaboration d’outils de gestion comptable, financière, fiscale, des R.H. etc.
  • l’intégration des TICs dans tous les aspects de l’activité de l’entreprise ;
  • l’adoption de procédures de travail respectant l’éthique du développement durable, déclinées en normes et comportements de sécurité au travail, de maîtrise de consommation d’énergie, de gestion des déchets, etc.

Les résultats attendus en 2018-2020 englobent plusieurs aspects :

– Nombre plus important d’entreprises compétitives

– Taux d’encadrement technique et managérial des entreprises plus élevé;

– Augmentation du nombre d’emplois à valeur ajoutée ;

– Nombre plus élevé de femmes entrepreneures ;

– Accès à l’emploi plus facile pour les personnes à besoins particuliers (handicapés) ;

– Mobilisation des ressources et du potentiel de croissance des régions ciblées ;

– Renforcement de la chaîne de valeur des produits ;

– Amélioration de l’innovation et meilleure intégration verticale des entreprises ;

– Multiplication des niches d’activités exportatrices ;

– Diversification des destinations des exportations, notamment à travers le regroupement (mutualisation) des entreprises et l’utilisation des TIC.

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Disponible en: الفرنسية